Préambule

En définitive, on parle assez peu du réseau internet, je veux dire, le réseau physique. Pourtant, il faut bien s'en soucier, car il est au coeur de la neutralité du réseau. Dans cet article, je me contente de résumer les propos de Benjamin Bayard qu'on ne présente plus. Benjamin donne des conférences très instructives et très profondes, elles sont longues et fouillées, c'est ce que j'apprécie. Mon but est de relayer ici un des messages qu'il porte afin de multiplier les canaux de communication.

Ce qui se passe

Echelles de temps, d'espace et de débit.

  • Les plans pour fibrer la France s'étalent sur environ 10 ans Plan du gouvernement.
  • Les politiques actuelles cherchent à fibrer en priorité les grandes villes et les centres villes.
  • Il faut savoir que le volume de données transférées est multiplié par les abonnées par 10 sous les 6 ans. C'est à dire x100 en 12 ans.

Les conséquences

En terme d'espace, le fait que les zones ayant déjà un débit élevé passent à la fibre en priorité fait que la fracture numérique se creuse et continuera à se creuser. Etant donné les volumétries prévues, les régions en ADSL deviendront inhabitables du point de vue de l'internet qu'il s'y trouvera. Pour cette raison, Benjamin parle "d'erreur d'aménagement du territoire". Il faut se rendre compte qu'internet ne sert pas qu'à regarder la télévision mais il est au coeur du développement économique.

Monopole et oligopole... les risques

Si les associations membres de la fédération FDN peuvent fournir de l'internet ADSL, c'est parce qu'ils sont en mesure d'utiliser un réseau existant (dégroupage) et de pouvoir l'utiliser même pour un petit nombre d'abonnées. Avec la fibre, la situation est très différente.

Dans les zones très denses (ex Paris), chaque opérateur déploie le réseau comme il le veut. Il y aura donc plusieurs réseaux de fibres si plusieurs opérateurs sont intéressés. Dans les zones denses, il y a un accord de co-investissement entre les opérateurs, mais la participation ne peut se faire que pour des volumes d'abonnés très importantes. En zone peu dense, c'est de l'investissement public (collectivités territoriales), là où potentiellement ça peut mieux se passer pour des associatifs, mais ça reste vraiment difficile.

Si rien n'est fait, nous allons vers un oligopole (au mieux) ou un monopole orange subventionné par les contribuables 10 milliards d'euros. Bien sûr, l'unicité (ou quasi-unicité) de l'opérateur remet en cause la neutralité du net. En effet, là où il n'y aura qu'un opérateur, la seule solution pour changer de FAI sera de déménager.

Ce que propose Benjamin Bayart est

  • d'expliquer ce qui se passe (ce que je fais ici)
  • suivre les décisions prises sur ces dossiers et dialoguer avec eux
  • commenter, critiquer, conseiller pour que des FAI associatifs puissent continuer à proposer de l'internet.

Références

Le but est de vous motiver à voir par vous même les détails de ce que j'ai résumé.